Insidious : critique surprise

Lorsqu'il est venu présenter le film au festival de Sitges en octobre 2010, James Wana avoué voulu faire Insidious pour être invité à ce type d'événement. Son souhait premier : foutre les pétoches aux habitués du genre dans leur propre jardin. Le jeune cinéaste a bigrement réussi son pari : Insidious fait partie de ces rares films modernes qui vous scotchent à votre siège et parviennent avec une économie de moyens stupéfiante à vous faire peur... terriblement peur !

 

BLUM CINEMATIC UNIVERSE

Insidious, c'est un peu Paranormal Activity mais en mode cinéma avec un grand C. Un joli paradoxe quand on note la présence du réal de la bouse suscitée en tant que producteur du film. Tourné pour moins d'un million de dollars (!!!) avec des acteurs qui sont tout sauf des manchots (Patrick Wilson, Rose Byrne, Barbara Hershey), le 4ème long-métrage de Wan montre que le jeune homme est sacrément doué et connaît parfaitement ses classiques et les mécanismes de la peur  cinématographique. Il ne lui faut qu'une poignée de minutes pour accaparer toute l'attention de son public et le plonger dans une histoire ultra réaliste de maison hantée...Enfin en apparence car les choses vont vite se compliquer pour la famille Lambert et le spectateur de se mettre en mode « je m'agrippe à mon accoudoir » pour éviter de bondir trop haut de son fauteuil.

La peur

 

PAUVRE EN DOLLARS, RICHE EN EMOTIONS

Car, si déjà par le passé, James Wan avait prouvé avec l'injustement mal aimé Dead silenceq u'il était capable de faire naître l'angoisse en quelques plans, il passe ici la vitesse supérieure en multipliant avec un malin plaisir les occasions de nous faire sursauter. Et ce jamais de façon purement gratuite tant le bonhomme suit un plan démoniaque : nous placer au cœur de cette famille totalement normale subissant les assauts redoutables de forces aussi surnaturelles qu'insaisissables. Et les temps morts, le réalisateur, il ne connaît pas !

La preuve au détour d'un changement de situation (on vous laisse le suspense) qui aurait permis un répit bien mérité et qui au contraire sert alors pour faire monter l'adrénaline à des niveaux phénoménaux. Dans le monde horrifique de Wan, le repos du spectateur, c'est après le générique de fin ! Et encore, faudra t-il réussir à évacuer l'intensité d'un final dont on se demande encore comment le cinéaste et son équipe ont pu l'orchestrer aussi spectaculairement avec si peu de moyens. Après ça, on a envie de savoir où sont passés les millions de certains autres films dits d'horreur !