The Walking Dead Saison 9 Episode 15 : la kermesse de la mort qui tue

Après 80 ans de diffusion, plus de 27 millions d'épisodes et le décès d'un demi-millier de personnages inutiles, Walking Dead peut-elle encore surprendre ? L'épisode 15 de la saison 9 vient de nous montrer que oui.

ATTENTION SPOILERS !

Quand on vous dit que le ridicule ne tue pas !

 

VIN DE KERMESSE

 

Walking Dead devient de plus en plus imprévisible, de plus en plus curieuse, de plus en plus schizophrène. Et franchement, ce n’est pas pour nous déplaire. Après un épisode 14 qu’on aurait juré écrit pour rassurer les derniers fans accros aux aspects les plus ouvertement teubés de la série (« rassurez-vous, on est toujours nuls », semblaient hurler les scénaristes), le show a retrouvé l’énergie duale qui fit la surprise de cette seconde partie de saison.

Ainsi, on retrouve donc le nouvel aspect « Petite Maison dans la Prairie what the fuck », et ce, dès l’ouverture de l’épisode. Un petit couple trop choupi parvient à ressusciter l’hygiène, et l’artisanat hippie pour marchés à touristes du Larzac, avant de se faire étriper salement par les Chuchoteurs. Mollesse babos et ultraviolence crasseuse seront les mamelles du chapitre à venir.

Un dernier verre avant la guerre ?

 

Après l’avoir annoncée en long et en large et aussi en travers, elle est enfin là. C’est l’heure de LA KERMESSE MA GUEULE. Lâcher de colombes, piñata de tigre en folie, concert de folk qui sent des pieds, rien ne nous sera épargné, sauf peut-être la pêche aux canards.

On pourrait arguer que bien sûr, tout cela est tragiquement naïf, le drame à venir n’étant aucunement un secret, mais le mélange de candeur forcée, d’emphase meringuée et de performances outrées des comédiens confère une nouvelle fois aux sous-intrigues festives une dimension un peu surréaliste qui ne manque pas de charme.

 

CHUT CHUT PAS DE DRAME

Heureusement, les Chuchoteurs sont présents pour nous rappeler qu’il y a à nouveau une menace digne de ce nom dans Walking Dead. Ou plutôt une menace à la James Bond, comme en témoignent les actions d’Alpha (Samantha Morton). La meneuse impitoyable des méchants a, en effet, trouvé une technique imparable pour exfolier sa peau imbibée de chair putréfiée, ripoliner un scalp frais, avant de se resaloper aussi sec.

Car Alpha a mis au point un plan implacable. D’un côté, elle s’infiltre au cœur de SUPER KERMESSE MA GUEULE, afin de repérer ses proies, tout en chuchotant de terribles menaces indirectes. Parallèlement, ses troupes encerclent une poignée de fiers combattants, dont Carol et Daryl. Elle leur offrira une véritable démonstration de puissance, dévoilant l’étendue de la horde de zombies qu’elle et ses fidèles entretiennent.

 

Décidément l'ennemi le plus redoutable

 

Et si la redoutable meneuse fait mine d’abandonner sa fille à ses adversaires civilisés, c’est pour mieux les mettre à l’épreuve, laissant à ses interlocuteurs le soin de retrouver les restes des dix personnages que ses troupes viennent d’exécuter. Alpha n'en est pas restée à une grossière déclaration de paix, elle feint de donner un terrain d'entente à ses interlocuteurs, pour mieux leur montrer combien celui-ci serait impossible à tenir. Elle met ainsi tout le monde face à un dilemme terrible, juste après avoir établi la toute puissance de sa horde.

 

OVERKILL

Si tout cela vous paraît un peu débile, structuré n’importe comment, c’est justement parce que c’est le cas, tout l’épisode se déroulant à coup de montages alternés et d’allers-retours temporels pas toujours heureux. D’où le sentiment de flottement innocent qui nous engourdit rapidement après le générique, pour procurer un effet inattendu.

Depuis plusieurs épisodes, le massacre était annoncé. Arrivée massive de nouveaux personnages interchangeables, remise en avant de seconds couteaux foireux, tout était réuni pour une grosse tourte à la viande scénaristique. Et pour une fois, les scénaristes ont parfaitement réussi leur coup.

Passer un sale quart d'heure : définition

 

Parce qu’à force de détours en mode kermesse, de sous-intrigues pépouzes, de dialogues absurdes, on a vraiment cru qu’il ne se passerait rien dans cet épisode. Au lieu de quoi, nous avons à nouveau eu droit à une confrontation extrêmement intense entre Norman Reedus et Samantha Morton, suivis d’une dizaine de minutes parmi les plus poignantes de ces dernières saisons.

Oh on l’attendait cette séquence où une dizaine de semi-figurants auraient leurs têtes plantées sur des pics. On se doutait bien que Walking Dead n’oserait pas sacrifier ses principaux personnages… Et quand on a croisé Ezekiel à la faveur d’un flash-forward, on s’est convaincus que vraiment les auteurs du show étaient de petits joueurs.

Têtes de gondoles

 

Sauf que non, ils nous ont zigouillés Tara (Alanna Masterson), Henry (Matthew Lintz), Tammy (Brett Butler) ou encore Enid. Quatre personnages d’ancienneté et d’importance diverses, qui paraissaient tous éligibles au poste de silhouette immortelle, et qui, sans que nous nous en soyons rendus compte, constituaient autant de raisons de revenir à la série, saison après saison, épisode pété après segment foireux.

Et, autre sentiment bien inattendu, ces morts ne nous laissent pas surexcités par une déferlante gore, ou désireux de voir nos héros se venger. À leur manière, elles font du spectateur une pure victime, trop tardivement récompensée pour sa fidélité, mais indéniablement récompensée.

The Walking Dead est diffusée chaque lundi soir sur OCS Choc.

Un triste pique-nique